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Ormuz et Bab-el-Mandeb : ce que la crise des deux détroits change pour vos importations

Deux des passages maritimes les plus stratégiques au monde sont aujourd'hui simultanément perturbés. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part majeure du pétrole mondial, connaît d'importantes restrictions depuis fin février 2026. Et le 12 septembre, les forces houthies ont achevé la prise de contrôle du détroit de Bab-el-Mandeb, verrou d'entrée de la mer Rouge, après s'être emparées de l'île de Périm qui en marque le point le plus étroit.

Pour toute entreprise qui importe depuis l'Asie ou le Moyen-Orient, cette situation n'est pas qu'une ligne dans les journaux. Elle se traduit concrètement par des délais plus longs, des coûts de transport plus élevés, et une incertitude accrue sur vos plannings d'approvisionnement.

Deux détroits, une seule ligne d'approvisionnement fragilisée

Le canal de Suez, qui concentrait avant la crise près de 15% du commerce mondial et 30% du trafic mondial de conteneurs, a vu son trafic chuter à peine plus de la moitié de son niveau d'avant-crise sur la période janvier-août 2026, selon les données de la plateforme PortWatch du FMI. La quasi-totalité des grands armateurs (Maersk, CMA CGM, Hapag-Lloyd) ont suspendu leurs traversées de la mer Rouge pour éviter la zone.

Le détroit d'Ormuz, de son côté, reste soumis à d'importantes restrictions depuis le début du conflit fin février, avec un trafic pétrolier fortement réduit sur cette route.

Ce que ça change concrètement pour vos importations

La conséquence la plus directe est le détournement quasi systématique des routes maritimes par le cap de Bonne-Espérance, à la pointe sud de l'Afrique, plutôt que par le canal de Suez. Ce contournement représente :

  • 10 à 15 jours de transit supplémentaires sur les routes Asie-Europe

  • Une hausse de la consommation de carburant estimée à environ 30%

  • Des surcharges de fret pouvant atteindre 2 000 à 4 000 dollars par conteneur selon les compagnies et le type d'équipement

  • Des primes d'assurance guerre majorées de 100 à 200% pour les navires qui naviguent à proximité de zones à risque

Une alternative existe pour les flux vers le Golfe, avec un acheminement terrestre via la Turquie, la Syrie et la Jordanie, sur un délai d'environ trois semaines. Mais cette solution ne convient pas à tous les types de marchandises ni à tous les volumes.

L'impact indirect sur vos coûts et vos devises

Ces perturbations ne se limitent pas au fret. Le prix du pétrole a dépassé les 100 dollars le baril, alimentant les anticipations d'inflation qui pèsent actuellement sur les décisions des banques centrales (voir nos articles sur les récentes décisions de la BCE et de la Fed). Cette pression inflationniste se répercute directement sur la volatilité des devises dans lesquelles vous réglez vos fournisseurs et vos transporteurs.

Autre point souvent sous-estimé : les factures de fret sont fréquemment libellées en dollars, ce qui ajoute une exposition au taux de change distincte de celle liée au paiement de la marchandise elle-même.

Ce que ça signifie pour la gestion de vos paiements

Pour les entreprises qui fonctionnent avec un paiement fractionné à leurs fournisseurs (type 30% à la commande, 70% à l'arrivée, voir notre guide dédié), l'allongement des délais de transit prolonge d'autant la période durant laquelle le solde reste exposé aux mouvements de change.

Selon les experts du secteur, le risque principal n'est pas tant une fermeture totale et durable de ces routes maritimes, mais l'incertitude persistante qui les entoure : personne ne peut garantir aujourd'hui combien de temps la situation va durer, ni si elle va s'aggraver. C'est cette imprévisibilité qui complique le plus la planification, aussi bien logistique que financière.

Dans ce contexte, il devient particulièrement utile de prévoir une marge de sécurité dans les échéances de vos couvertures de change, plutôt que de les caler au plus juste sur un délai de livraison qui peut évoluer. Des intermédiaires de paiement agréés comme OSolto, encadré par l'ACPR et enregistré à l'ORIAS, accompagnent les PME dans l'ajustement de leurs couvertures de change lorsque les délais d'approvisionnement changent en cours de route, avec un accompagnement humain plutôt qu'une gestion automatisée standard.

En résumé

La combinaison Ormuz/Bab-el-Mandeb crée une situation inédite pour le fret mondial : deux verrous stratégiques perturbés en même temps, des délais rallongés de manière quasi systématique, et des coûts de transport revus à la hausse. Pour les entreprises qui importent régulièrement, l'enjeu n'est plus seulement de sécuriser le prix de la marchandise, mais d'intégrer cette incertitude logistique dans la gestion de leurs paiements en devises.

Vous souhaitez faire le point sur l'exposition de vos flux d'importation dans le contexte actuel ? Une analyse gratuite permet d'identifier les ajustements pertinents pour votre activité.

FAQ

Le canal de Suez est-il totalement fermé aujourd'hui ?

Non, mais son trafic reste très réduit par rapport à son niveau d'avant-crise, la grande majorité des armateurs préférant contourner la zone par précaution.

Combien de temps supplémentaire dois-je prévoir sur mes importations depuis l'Asie ?

En moyenne 10 à 15 jours de transit en plus par rapport à un passage par Suez, à ajuster selon votre port d'origine et de destination.

Le coût du fret va-t-il continuer à augmenter ?

Il dépend directement de l'évolution de la situation géopolitique, difficile à anticiper avec certitude. Les surcoûts actuels reflètent le contournement obligé et les primes d'assurance liées au risque.

Comment adapter ma couverture de change à des délais de livraison incertains ?

En prévoyant une marge de sécurité sur l'échéance de la couverture et en restant en contact avec votre conseiller pour l'ajuster si le calendrier de livraison évolue.